LARISSA
1
qui s’avance
d’un pas sommes-
nous les immobiles
sous la coupole
des années
notre innocence
dure autant que tu dises
je ne sais pas
nous marchons en cercle
l’horizon des bois tourne
d’autres
plus près dorment
d’autres
plus loin travaillent
les roues cerclées sur les chemins
les joues griffées d’aube
quel champ jaune
contourné dès la mémoire
quel soleil rompant le vol d’un aigle
tu dis je ne sais pas
l’aube
lentement souligne
l’événement
aux frontières
de l’avenir les doigts comme
lentement distancés de rose
nous sommes
réunis sous les arcs d’un port
2
des peuples
s’efforcent
de vivre encore
conflits rentrés
nous sommes
soudain comme
des semences
d’oubli des provenances
dépliées dans leurs attentes
superposées
de quel air de quelle
mémoire
dressés de jeunes
soldats montent
le sel de leurs armes
dans la lumière
comme
si nos guerres
duraient
les vertus en puissance
ne tiennent
que de nous l’aube
cristallisa nos gestes
figeant la terre
dans nos discours
passé la frontière
la route
s’allonge
dans sa même
lumière
de contrée fermée
de quelle
force impérative
sommes-
nous les suppléants
sous les branches
de nos heures
l’événement reprend son souffle
raffiné l’éloquence
de la Grèce
devant nous
plus que des mémoires
l’avenir sans visage
nous étreint
3
le soir l’absence
d’un hôte
nous offre un logis
sa maison plus grise
d’inachèvement que page
de nos vœux
le carrelage
carmin stabilise
le sommeil sans différence
nos corps séparés d’une
trop invisible épée
dormir auprès la pierre
sous la tête et la crainte
pourtant d’un serpent dans l’ombre
des mortalités
les longs rubans de l’urgence
tombent
sur les épaules
de la nuit
l’aube
marquée au fer blanc fume
dans les yeux des eaux
ton genou se courbe
méandre au large
de la plaine
du Persée pétrifiée d’aube
le bleu du ciel
(Poème PM)