| Le jour de sa mort |
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| Écrit par Claude-Nicolas Grimbert | |
| 12-09-1998 | |
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LE JOUR DE SA MORT
Le jour de sa mort n’était pas résolu. La nuit de sa mort, deuil sans veuve, était difficile à cerner. Un peuple élu de morts perdit tout chemin défoncé, tout domicile, tout lendemain pour des vivants. Qui voulut ce lendemain absent, qui sculpta ces docilités comme on scrute une impossibilité ? Dans un absolu défaut de compter, le présent dévia, le temps se fossilisa, rien devant, rien derrière. Comme un pont comblant des jours ou un écran sur l’eau, l’anniversaire est dé-truit de jours et de liens. L’âme est un méchant défaut des corps. Tout à son af-faire, le temps noir fait des futurs trop ronds, sans lieu pour sa triste épouse, évi-dant des savoirs ou comptant jusqu’à douze.
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